Le paradoxe de l’expert en 2026
Le monde de la data s’est ultra-spécialisé, créant des silos où l’on perd parfois de vue le sens des chiffres. La data se divise ainsi en plusieurs segment, notamment l’analyse, l’ingénierie, l’architecture, la science.
Combiner le data et le digital, ce n’est pas de l’éparpillement. Dans son ouvrage, Élodie Crépel (Femme hyper-passionnée, Éditions Jouvence) développe le concept d’hyper-passion. L’hyper-passionnée n’est alors pas une « touche-à-tout » indécise, c’est une exploratrice qui crée des ponts. Par mon approche, je crée des ponts entre le monde de la data et celui du digital. Des univers qui d’ailleurs sont déjà intrinsèquement liés.
Dans un écosystème complexe et en constante évolution, la capacité à s’enthousiasmer pour des sujets transversaux est une compétence stratégique rare. On veut des profils experts et à la fois des personnes compétences sur X compétences. C’est un peu comme rechercher un mouton un 5 pattes, et ça… c’est quelque peu paradoxal.

Concrètement, qu’est-ce que l’hyper-passion ?
L’hyper-passion selon Élodie Crépel est une force motrice intense, une curiosité insatiable qui transforme l’apprentissage en une aventure émotionnelle et intellectuelle totale. En l’occurrence, c’est ce qui permet de passer du statut de « curieux » à celui d’ »expert hybride« .
Sa définition du terme repose ainsi sur 4 principes :
- Une intensité hors norme : L’hyper-passion se caractérise par une immersion totale. Ce n’est pas un loisir que l’on pratique « un peu », c’est une quête de compréhension profonde qui mobilise toute l’énergie psychique et physique. Pour Élodie Crépel, l’hyper-passionnée ne « surfe » pas sur un sujet, elle plonge dedans jusqu’à en maîtriser les moindres rouages.
- Le moteur de l’apprentissage (Le Flow) : L’hyper-passion est le carburant de l’expertise. Contrairement à un apprentissage classique qui peut être laborieux, l’hyper-passionnée entre dans un état de flow (concentration absolue) qui lui permet d’acquérir des compétences complexes en un temps record. La curiosité n’est pas un défaut de concentration, mais un mode de survie intellectuelle.
- Une identité en arborescence : Elle explique que l’hyper-passionnée définit souvent son identité par ses intérêts du moment. Cela peut donner une impression de dispersion vue de l’extérieur, mais à l’intérieur, chaque passion nourrit la suivante. C’est ce qu’elle appelle la capacité à créer des ponts : une passion pour la musique peut nourrir une compréhension de la structure des données, par exemple.
- Le besoin de sens : Une hyper-passion ne se décrète pas. Elle naît d’une résonance profonde avec les valeurs de la personne. Si le sujet perd son sens ou son potentiel de découverte, l’intérêt peut s’éteindre brutalement pour laisser place à une nouvelle quête. C’est un fonctionnement cyclique et organique, plutôt que linéaire.
La multipotentialité : mythes et croyances
La notion de multipotentialité est assez complexe mais surtout entourée de mythes et fausses croyances.
La multipotentialité, ce n’est pas :
- lié à une instabilité professionnelle : changer fréquemment de voie n’est pas forcément lié à une instabilité mais peut être notamment lié à un besoin d’explorer une polyvalence pour une carrière plus riche et diversifiée, plutôt qu’une évolution linéaire plus courante.
- un manque d’expertise, de profondeur : comme expliqué plus haut, avoir plusieurs centre d’intérêts ne suffit pas. On parle ainsi de multipotentialité lorsque plusieurs passions sont approfondies par des heures d’investissement, de temps et d’énergie jusqu’à un certain niveau de maîtrise.
- nécessairement une difficulté à trouver sa voie : les univers se croisent et permettent d’accroître une certaine expertise. La data et le digital s’entremêlent sur de nombreux aspects. L’important est avant tout de savoir se positionnement pour un accompagnement rigoureux.
- incompatible avec la réussite : l’énergie n’est pas dispersée entre les centres d’intérêts ; c’est une polyvalence qui booste la créativité et l’innovation en liant plusieurs univers qui, d’apparence, sont distincts.
La fusion de deux mondes : moteur de l’interopérabilité
Le réel bénéfice de cette multipotentialité c’est surtout la compréhension rapide des métiers (finance, RH, logistique, marketing, etc.) La capacité à traduire le langage technique en langage business est indispensable pour parvenir à coordonner les équipes.
Avec une vision globale, on ne répond pas uniquement à un besoin, on s’aligne à votre direction stratégique. Il ne s’agit donc pas de simplement traiter la donnée mais d’y apporter une âme et un contexte.
L’avenir appartient aux profils hybrides
Contrairement à certains, l’hyper-passionnée s’investit avec une énergie vibrante dans les projets qui font sens. La capacité à pivoter et à s’adapter aux nouveaux outils (logiciels, langages, gestion de projet, etc) se fait donc sans peur, car le changement est le carburant. Même dans un contexte complexe, c’est la capacité à relier les points (connecting the dots) qui accentue la créativité et la rigueur technique.
Là est toute la force d’un profil hybride.




